APRES QUICK, GROUPE BERTRAND AVALE HIPPOPOTAMUS

Après Quick, Groupe Bertrand avale Hippopotamus
Plusieurs dizaines de millions d’euros doivent être investis pour rénover le parc de restaurants.
Avec 300 restaurants, dont 190  Hippopotamus, Groupe Flo appartenait depuis 2005 au milliardaire belge Albert Frère.

BRUNO LEVESQUE / IP3

RESTAURATION Le Groupe Flo a enfin trouvé un repreneur, pour assurer son avenir. Mal en point depuis plusieurs années, le propriétaire d’Hippopotamus, des Brasseries Flo, Taverne de Maître Kanter, Tablapizza et Bistro Romain passe sous le contrôle du Groupe Bertrand, premier restaurateur indépendant de France, avec plus de 700 adresses, dont Quick et Burger King. Les actionnaires ont engagé la recherche d’un repreneur en décembre.
Avec 300 restaurants (dont 190  Hippopotamus), Groupe Flo appartenait depuis 2005 au milliardaire belge Albert Frère. « C’était ça ou le redressement judiciaire pour Flo », souligne un bon connaisseur du dossier. Placé sous mandat ad hoc depuis novembre, le propriétaire d’Hippopotamus avait le couteau sous la gorge. Son actionnaire avait mis en place une nouvelle ligne de crédit de 6,2 millions d’euros, remboursable au plus tard fin avril.
Groupe Bertrand, lui-même propriétaire des sandwicheries Bert’s, de Lipp et des salons de thé Angelina (lire ci-dessous), reprend Flo en l’état. Mais il est d’ores et déjà prévu qu’il cède la chaîne Tablapizza, qui ne l’intéresse pas. Comme Le Figaro l’avait annoncé (nos éditions du 2 mars), le Groupe Le Duff (Brioche Dorée, Del Arte…) s’en porte acquéreur. Des négociations exclusives sont en cours et une cession est envisagée d’ici à fin juin. L’avenir des brasseries, qui intéressent toujours d’autres repreneurs, est ouvert.
Habitué à reprendre et rétablir des entreprises en mauvaise santé, Olivier Bertrand devrait à nouveau faire une bonne affaire.
Il est prévu qu’une bonne partie de la dette bancaire de Flo soit annulée. Sur 72 millions d’euros, le groupe en conservera 15,4 millions. BNP Paribas et Banques Populaires Rives de Paris ont accepté une réduction de 50 % de leurs encours. Elles resteront les deux banques du groupe. Les autres banques ne retrouveront que 30 % de leur encours, financé par un emprunt obligataire du Groupe Bertrand. In fine, celui-ci doit prendre le contrôle de Flo, à l’issue d’une augmentation de capital d’un montant maximal de 72,3 millions d’euros.
Pour Flo, 2016 a été un annus horribilis, marqué par une perte nette part du groupe de 65,5 millions d’euros. Les ventes ont fondu de 9,9 %, à 246,8 millions (hors Tablapizza, qui a vocation à être cédée). Le dossier avait intéressé le financier Walter Butler, qui s’est finalement retiré sans présenter d’offre.
Changements d’enseignes 
Redresser Flo représente un énorme travail et un défi, que seul Olivier Bertrand a donc osé relever. « Nous connaissons bien Groupe Flo. Son modèle nous a inspirés, explique au Figaro Olivier Bertrand. Il a un bon équilibre entre des brasseries parisiennes, un maillage national et des concessions. La relance de l’activité passera par l’adaptation des concepts et de l’offre (y compris la déco) à l’évolution des modes de consommation. » Et d’insister : « Dans toutes nos reprises, la réorganisation passe prioritairement par une nouvelle dynamique de chiffre d’affaires. » Repenser les menus, les tarifs, les produits aussi… Un travail de repositionnement complet va être mené. Olivier Bertrand a déjà prévu d’investir plusieurs dizaines de millions d’euros pour rénover le parc de restaurants. Chez Hippopotamus, un nouveau concept a été lancé l’été dernier. Très peu déployé encore, il sera probablement retravaillé par le nouveau propriétaire.
« Flo a des actifs, des emplacements et des marques de grande qualité », estime Olivier Bertrand. L’objectif est un retour à la rentabilité à court terme. Pour y parvenir, le deuxième restaurateur de France derrière McDonald’s ne s’interdit pas de transformer des Hippopotamus en pubs Au Bureau voire en Burger King, deux enseignes de son empire. M. V.

Mathilde Visseyrias / Le Figaro