Hôtellerie française : quelles perspectives pour 2019 ?

Deloitte et In Extenso ont présenté une étude sur les tendances annuelles de l’hôtellerie. Pour 2019, ils tablent sur une progression en chiffre d’affaires de l’ordre de 2,8% à 4,2%.
En 2019, un certain nombre d’indicateurs sont favorables à une dynamique de croissance du secteur. La hausse du pouvoir d’achat favorisée par la prime Macron et la baisse du chômage devraient bénéficier au moins en partie aux industries du loisir. De plus, un certain nombre de réformes structurelles portées par le gouvernement vont commencer à porter leur fruit. 2019, année impaire verra également la tenue des grands salons qui dopent leurs territoires d’insertion.
Toutefois, les nuages s’amoncellent et 2019 sera au mieux une année de ralentissement économique à l’échelle mondiale. La croissance molle en Europe avec des incertitudes majeures sur la croissance déjà fortement ralentie en Allemagne et Italie pèsera sur la dynamique de la zone euro. La perspective d’un Brexit dur contribue à créer de l’incertitude. Si la relocalisation de sociétés du monde de la finance à Paris portera ses fruits à long terme, une dévaluation forte de la livre impacterait l’un de nos premiers marchés émetteur de touristes.
Les moteurs de la croissance mondiale en 2018 ont été les Etats-Unis et la Chine. Or tous deux montrent des signes de ralentissement accentués par la guerre commerciale qu’ils se livrent. L’ensemble de ces facteurs pèsera sur la dynamique de l’hôtellerie française, à fortiori si les manifestations des gilets jaunes devaient durer. « Au final, l’hôtellerie devrait progresser en chiffre d’affaires de l’ordre de 2,8% à 4,2%. Si la croissance mondiale ralentit, les fondamentaux du tourisme français ( intérieur et international ) restent bons » explique Olivier Petit, associé chez In Extenso. L’hôtellerie de luxe devrait tirer le meilleur parti de cette année avec une progression d’environ 5% liée à un potentiel d’amélioration de sa fréquentation et de son prix moyen. « A l’autre bout de la chaîne, la reprise affirmée de l’hôtellerie super-économique va se conforter avec une dynamique de 2% à 3% de chiffre d’affaires supplémentaire. La rénovation du parc existant, l’évolution des concepts, et la sortie des établissements les plus anciens qui glissent vers un hébergement social permettent un assainissement efficace de ce marché » conclut-il.

Nicolas Barbéry / Le Quotidien du Tourisme